Pêche électrique, ça sert à quoi ?
Par LAURENT
Peu de pêcheurs savent exactement ce que recèlent leurs rivières. Certains parlent de truites grandes « comme ça » d’autres disent qu’il n’y en a plus ! Il n’existe qu’un seul moyen fiable de parfaitement répertorier le cheptel piscicole d’un cours d’eau : la pêche électrique.
Il est 8h00 du matin et tout le monde s’équipent de waders et de gants en caoutchouc afin de se prévenir non pas du froid, il fait 20 degrés ce matin, mais d’éventuelles « chatataignes électriques » lorsque certains objets métalliques traînent dans la rivière. Voici un petit inventaire du matériel qui est maintenant déployé : une génératrice de 600 V/7KW qui reste sur un véhicule et en permanence sous la surveillance d’un technicien. Une bobine de fil sécurisé qui sera mise en place dans l’eau et transportée par un technicien à l’arrière du cortège. La longueur de celui-ci doit permettre de pêcher de 2 à 300 mètres de rivière. Ce rôle n’est pas des plus simples, car l’alimentation devra en permanence suivre les mouvements des deux pêcheurs qui délogent les poissons et qui portent les anodes et cathodes. Ce sont des perches avec cercle métallique conducteur, pôle plus et pôle moins.
Enfin les épuisetiers qui sont au nombre de 6, trois par perches et qui sont chargés de récupérer très rapidement les poissons pris dans le champ électrique. A l’arrière 4 autres personnes suivent avec de grandes poubelles pour le stockage des prises transferrées ensuite dans un grand vivier oxygéné à l’arrière d’un pick up mobile ! Le but étant de parfaitement quadriller tout le cours d’eau afin que les poissons soient prélevés sans oubli, même si un second passage est systématiquement effectué !
Le principe de la foudre !
Tout le monde est à son poste et la génératrice est lancée ! Un courant électrique va maintenant circuler entre l’anode et la cathode. Tout comme le principe de la foudre, ce champ va provoquer des lignes de tension dans l’eau. Immédiatement l’électricité agit sur la musculature des poissons et leur système nerveux. C’est ce que les techniciens appellent dans leur jargon : la galvanotaxie !
Au contact du champ électrique la nage des poissons est comme forcée en direction de l’anode car plus on se rapproche de celle-ci, plus l’intensité du champ électrique augmente. Rassurez-vous ceci est sans danger. D’ailleurs s’ils ne sont pas épuisetés rapidement, ils repartent à l’aval vers leur cachette, car les effets sont très courts. A mesure que l’anode est approchée des caches, le courant électrique tétanise la musculature des truites et des ombres qui se laissent venir comme attirés par un aimant.
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